Editorial

Il s’appelle Arnaud Beltrame.
Le lieutenant-colonel de gendamerie de 45 ans, Beltrame Arnaud, est mort le samedi 24 mars 2018 à l’hôpital de Carcassonne des suite de ses blessures provoquées par les tirs du terroriste islamiste, Radouane Lakdim. Il s’était volontairement substitué à un groupe d’otages du terroriste Lakdim retenus dans le supermarché de Trèbes ( Aude) faisant ainsi preuve de courage, de bravoure, d’héroïsme et surtout d’humanité. De tels hommes sont rares dans ce monde perverti par les violences où l’ horreur n’est jamais très loin.
Que des Arnaud Beltrame surgissent de partout à la gloire de l’humanité.
Un monde incertain et dangereux.
Il est compréhensible que des hommes et des femmes perdent leur sommeil en suivant ou en écoutant les déclarations de ceux qui gouvernent le monde. L’horreur s’est installée un peu partout
en Afrique, en Syrie, au Yémen, en Lybie et dans certains pays, en Asie. Il reste que l’Europe n’est pas vraiment en dehors du champ.
La détérioration des relations entre la Fédération de Russie et l’Union Européenne par l’intermédiaire de la Grande-Bretagne reste et demeure préoccupante. Par ailleurs, les Etats-Unis d’ Amérique de Donald Trump nous tiennent en haleine développant une certaine imprévisibilité sur le plan international. Un jour, il menace la Corée du Nord de destruction totale. Et le lendemain, il accepte l’invitation de Kim Jung-Un, président de la Corée du Nord à discuter de la paix.
On pourrait penser à un théâtre d’ombres, un marché de dupes, si les uns et les autres ne disposaient pas de l’arme nucléaire.
Les Etats-Unis et les pays faibles
L’histoire des Etats-Unis d’Amérique est faite d’immigration, de l’esclavage et de métissages.
La situation diffère des périodes. Mais, la forte et puissante Amérique du moment est une résultante de plusieurs évènements que personne ne saurait occulter.
L’indépendance américaine a bien eu besoin en 1775 de l’aide de Lafayette avec ses combattants venus de Saint-Domingue. Des circonstances malheureuses de guerres civiles, de catastrophes naturelles, de dictatures sanguinaires, ont conduit nombres d’Haïtiens à se réfugier aux Etats-Unis ainsi que des Africains et des Latino-américains.
Avec le temps, ils ont contribué dans tous les domaines au fonctionnement, à la grandeur et à l’enrichissement des Etats-Unis d’Amérique. A cause d’un contigent assez modeste d’Haïtiens dans la période actuelle bénéficant d’un permis de séjour temporaire sur le territoire américain, le président D.Trump a qualifié Haïti ainsi que le Salvador et les pays africains de «  Pays de merde » dans un accès de colère inimaginable. Il y a sûrement des Haïtiens qui sont d’ accord avec lui et qui pensent que le président est dans son droit de fustiger des dirigeants haïtiens incapables de développer leur pays, d’y combattre la corruption et d’endiguer la misère. Haïti est un pays ruiné, un pays des inégalités sociales, d’insécurité et d’injustice généralisée.
Il y a également des Haïtiens pour contester l’affirmation désobligeante et inconcevable du président américain. En effet, les désaprobations sont nombreuses et hautement sérieuses.
Haïti doit se redresser, il le faut.
Il me semble que la bataille pour une Haïti meilleure, nouvelle, est en train de se mettre sur les rails.
Il y a une prise de conscience de la gravité de la situation qui se fait jour après jour. La bataille contre la corruption et la dilapidation des biens publics est ouverte. Les luttes contre le chômage, la misère sont à l’ ordre du jour. Dans les campagnes, les paysans sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour défendre leurs droits. Les associations des droits de l’ homme sont de plus en plus nombreuses à se manifester et à éxiger que la justice soit égale pour tous. Les mouvements surtout féministes contre les violences faites aux femmes sont  plus actifs que jamais.
En définitive, la société haïtienne est en mouvement et réclame ardemment des changements économiques et sociaux. Et rien ne peut l’empêcher d’atteindre ses objectifs.
Paul Baron