Editorial

Haïti, l’espoir est permis

Depuis l’investiture officielle de Jovenel MOÏSE comme président d’Haïti, le 7 février 2017, beaucoup d’Haïtiens et leurs amis de la « diaspora » sont dans l’attente d’un sursaut qui mettrait Haïti dans une mouvance sympathique et dynamique. Le président Moïse et le Premier Ministre Jack Guy Lafontant semblaient prendre leur temps avant de se mettre au travail et affronter les grands problèmes du pays. Cependant, certaines initiatives ne sont pas dénuées de sens. Nous pensons que l’idée de relancer l’agriculture en Haïti n’est pas insensée. Penser au curage des canaux de drainage et d’irrigation, c’est donner un signal fort par rapport à cet objectif. Un bilan de la première phase de la caravanne du changement mise en route au mois de mai 2017, dans le département de l’Artibonite, fait montre, d’après les porte-parole du gouvernement, que 43 kms de canaux sur 87 kms de drainage ont été curés, de même que 185 kms de canaux d’irrigation sur 197 kms. En ce qui concerne les pistes agricoles, 113 kms ont été réhabilitées au lieu de 100 kms annoncées. Il faut y ajouter les 195,7 kms de remparts de protection des berges qui ont été érigés contre 50 kms prévus.

Une deuxième phase de la caravane du changement dans le Sud est prévue pour le 1er juillet 2017. Son coût avoisinerait 55 millions de dollars. M. Lucien Jura, porte-parole du chef de l’état, a indiqué que les fonds sont mobilisés dans le cadre du budget rectificatif 2016-2017 et sont repartis entre les divers ministères dont ceux de l’agriculture et travaux publics.

La péninsule du Sud, qui regroupe les départements du Sud, Sud’Est, Nippes et Grand-Anse a subi des pertes énormes lors du passage de l’ouragan Matthew en octobre 2016. Cette deuxième phase de la caravane du changement sera très précieuse pour le département du Sud. Disons que les caravanes du changement seraient un moyen de parvenir à l’autosuffisance alimentaire dans le pays, à la longue.

Une autre idée fait son chemin inexorablement, c’est celle de permettre aux Haïtiens d’avoir de l’électricité 24 h sur 24. Beaucoup de gens l’ont rêvé. Peut-être que le rêve deviendrait réalité avant la fin du mandat du président Jovenel Moïse.

Parmi les revendications qui font consensus en Haiti et dans la diaspora, c’est le départ du pays de la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Il est acquis que cette armée étrangère ou cette force d’occupation, sous peu, se retira d’Haïti. Faut-il mettre cette décision des Nations-Unies sur le compte du gouvernement Moïse/Lafontant ? Ce n’est pas sûr, mais il ne s’y est pas opposé.

Comment améliorer l’accès aux soins pour tous les Haïtiens ?

Le rapport : « Mieux dépenser pour mieux soigner » sur le financement de la santé. (Origine Banque Mondiale) relève que les dépenses publiques de santé en Haïti par habitant n’atteignent que 13 dollars par an. Ce qui est inférieur à la moyenne de 15 dollars des pays à faible revenu. Faut-il mentionner qu’en République Dominicaine les dépenses de santé atteignent 180 dollars et à Cuba 781 dollars.

Le rapport précise que seul 68% des enfants de moins de 24 mois ont reçu en Haïti les trois doses du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, alors que ce chiffre est de 80% dans les pays de niveau économique similaire. L’État haïtien, le gouvernement Moïse/Lafontant, doit investir davantage dans le secteur de la santé.

La diaspora haïtienne de France

Au cours du premier semestre de l’année 2017, les associations haïtiennes et franco-haïtiennes de la région parisienne et des provinces de France ont fait preuve d’une vitalité extraordinaire. Dans les médias écrits et audiovisuels, la présence haïtienne est presque permanente. Le Collectif Haïti de France avec ses 80 associations parisiennes et régionales affiliées, par exemple, organise des manifestations, des conférences autour d’Haïti presque toutes les semaines. Des écrivains haïtiens, jeunes ou moins jeunes, de vrais porte-drapeaux de l’histoire et de la culture haitiennes (voir la rubrique Livres à lire), se font remarquer positivement en France et en Europe. Des musiciens, Amos Coulanges, Atissou Loko, Joysanti, Kecita Madaleno, Jude Joseph et d’autres encore, nous charment ainsi que nos amis français et étrangers assez souvent à Paris et dans les banlieues proches. Des artistes peintres comme Hervé Télémaque de renommée mondiale, Gérald Bloncourt, Michaële Lafontant, Michèle Driay, Iris (Genevieve Lahens) ainsi que beaucoup d’autres encore, nous rendent notre fierté d’être Haïtien(ne)s.

L’association, Haïti-Futur, avec : Festival Haïti aux Grands Voisins, au 82 avenue Denfert Rochereau, 75014 PARIS du 21 au 25 juin 2017, nous a épatés. Cette association a su réunir les Missions Diplomatiques d’Haïti en France ainsi que des personnalités de premier plan à cette occasion. Retenons qu’il y a, en définitive, de l’espoir pour Haïti et son peuple.

Paul Baron (juin 2017)