Editorial

D’une année à l’autre, faut-il faire un bilan ?


Encore l’esclavage !

La pratique de l’esclavage en plein XXIème siècle en Libye, au grand jour est une monstruosité que l’on croyait révolue. Montrer qu’un noir peut être vendu, torturé, acheté dépasse notre entendement. Ce fait de l’année 2017 a désarçonné et choqué plus d’un. L’esclavage des migrants noirs en Libye où le fonctionnement de l’État est chaotique depuis le renversement du régime de Kadhafi constitue un « crime contre l’humanité ». La responsabilité des gouvernants africains, de l’Union Européenne et de l’organisation des Nations-Unies est pleinement engagée dans ces marchés d’esclaves noirs. Les complicités doivent être dénoncées et les responsables poursuivis et punis. Anti-esclavagistes, démocrates et humanistes, prenons-en l’engagement !

L’Allemagne et l’Autriche

Le suspense

En Europe, l’année 2017 se termine dans une ambiance morose. Le pilier de l’Union Européenne, l’Allemagne, est en difficulté politiquement. Les élections législatives allemandes du 24 septembre 2017 constituent un vrai cauchemar pour Mme Merkel qui se voyait Chancelière de son pays pour 4 années encore et pour des millions d’Allemands. Certes, la CDU/CSU dont elle était la candidate est arrivée en tête du scrutin avec 35,5% des voix. Ce qui veut dire qu’elle dispose d’un groupe de 246 députés à la Diète fédérale allemande (Deutscher Bundestag) sur 709 députés. Si une nouvelle coalition avec les sociaux-démocrates devait se faire, elle serait effective seulement à Pâques 2018. Cette attente est franchement préoccupante pour une Union Européenne qui doit se surpasser.

Le danger approche

En Autriche, les élections législatives du 15 octobre 2017 ont été très défavorables aux deux partis traditionnels autrichiens : SPÖ(Parti social-démocrate) et ÖVP( Parti populaire). Le jeune chancelier autrichien, Sebastian Kurz de l’ÖVP, a formé avec le FPÖ (Parti de la liberté) d’extrême droite, un nouveau gouvernement. Ce dernier a prêté serment le lundi 18 décembre 2017, signant ainsi l’arrivée au pouvoir à Vienne d’une coalition formée par la droite conservatrice et l’extrême droite.

Présidé par Heinz-Christian Strache, Vice-chancelier d’Autriche, le FPÖ est le seul parti d’extrême droite au pouvoir au sein de l’UE faisant abstraction des dirigeants polonais, hongrois, slovaques, etc. Oui, la démocratie est en péril en Europe. Faut-il se croiser les bras ?

Proche-Orient

Jérusalem, la ville qui aspire à la paix, s’est réveillée brusquement le 6 décembre 2017 dans un climat de violences inouïes à la suite de la prise de position du président des Etats-Unis, Donald Trump. Le président américain dit et fait ce que bon lui semble. En indiquant que la ville de Jérusalem est la capitale de l’Etat d’Israël, il a soulevé une vague de protestations dont on ne connaît pas encore les limites. La suite logique de sa position est le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Depuis, la majorité des chefs d’Etat de la planète ne cesse de lancer des appels au calme, surtout à Jérusalem où il y a des affrontements entre Palestiniens et Israéliens. La suite se déroulera en 2018.

En Syrie et en Irak

L’Etat islamique est vaincu, dit-on ! La situation humanitaire, économique et sociale, politique et diplomatique dans ces deux pays est sur le point de changer. Mais que de problèmes à résoudre ?

Haïti en mouvement

En 2017, la République haïtienne, après de multiples péripéties, a élu un président, Mr Jovenel Moïse. Il s’en est suivi la formation d’un gouvernement dirigé par Mr Jack Guy Lafontant comme Premier Ministre. On ne peut nier que l’arrivée au pouvoir de Mr Jovenel Moïse comme président de la République d’Haïti, n’a pas plu à tous les secteurs de la société haïtienne. Il n’était pas connu dans « la République de Port-au-Prince ». Quant-à ses compétences, on ne se donne pas la peine de les analyser. Et pourtant, il a fait bonne figure en participant au début du mois de décembre à Paris à la rencontre sur le climat organisée par le président Emmanuel Macron. Il était très motivé à rencontrer et discuter avec la communauté haïtienne de France. Le premier rendez-vous du 10 décembre n’a pas eu lieu. Le second rendez-vous du 12 décembre a pu se tenir dans les Docks de la Plaine Saint-Denis avec succès. Un public enthousiaste a participé à la deuxième rencontre. Ce public a largement apprécié l’intervention de Monsieur Jovenel Moïse et le lui a fait comprendre.

La communauté haïtienne de France est source d’activités, de créations et de vitalité diverses à travers d’un grand nombre d’associations. Ses engagements et dévouements envers Haïti sont proverbiaux. Nos amis français et des autres nationalités vivant en France apprécient hautement les réalisations des Haïtiens en peinture, en poésie, en littérature et en chant et musique. Encore de l’espoir et toujours de l’espoir.

Paul Baron