Editorial

Où va le Monde ? Où va la France ?

Le monde va mal par ce qu’il n’est pas à l’abri d’une aggravation des situations de conflits.

Quelques théâtres lointains sont des signaux inquiétants de ce qui peut se passer en Europe, en Asie et en Afrique comme au Proche et Moyen Orient. La guerre civile en Syrie, la situation de guerre particulière en Iraq, en Libye, au Yémen et le conflit israélo-palestinien, sans sous-estimer les tensions entre l’Ukraine et la Fédération de Russie, entre les deux Corées (Nord et Sud) doivent retenir l’attention de tout un chacun. En Afrique, la situation est telle que l’on préfère fermer les yeux pour ne pas avoir en s’en occuper sérieusement. L’année 2017 s’ouvre avec la présidence de Donald John Trump aux États-Unis d’Amérique. Peu d’experts dans l’analyse des conjonctures internationales peuvent fournir des éléments suffisants pour une meilleure compréhension de la nouvelle politique américaine de Donald Trump. On comprend mal sa position par rapport à la Chine et vice versa. Son élection encouragerait des dirigeants politiques franchement de droite en Europe susceptibles de suivre l’exemple britannique. En France, c’est le cas de Mme Marie Le Pen du Front National que tous les sondages d’opinion, place en tête au premier tour de la prochaine élection présidentielle. On connaît trop bien la position anti-européenne du Front national et de ses dirigeants. En raccourci, les étrangers trop nombreux en France seraient responsables de la misère des Français de souche. Ils occupent des postes de travail dédiés aux Français. Ils bénéficient des allocations familiales importantes comme familles nombreuses. Ils sont hébergés aux frais de l’Etat, alors que les Français dorment dans la rue. Toutes les nuisances engendrées par les étrangers en France viennent du fait que la France fait partie intégralement de l’Union Européenne.

Quid de l’Italie et de l’Allemagne ?

Si les élections italiennes peuvent laisser planer des doutes par rapport à l’Europe, celles de l’Allemagne sont nettement différentes. Aucun dirigeant allemand, à l’exception de celui d’un petit groupe peu visible, ne pense que l’Union Européenne est nuisible à l’Allemagne.

L’Amérique du Sud et les étrangers

En Amérique Latine, la xénophobie n’a pas atteint le niveau de certains pays européen. Aucun pays latino-américain ne peut être comparé avec la Hongrie ou la Pologne dans ce domaine. C’est comme si l’ignorance et la bêtise avaient changé de camp ; la science, l’humanisme et la compréhension du monde irriguent davantage le monde latino-américain.

Cependant, on observe en même temps, l’échec ou la stagnation du progressisme en Amérique du Sud.

Le péronisme est aux abois en Argentine. Le Brésil, rongé par la corruption généralisée, a cédé du terrain à la droite réactionnaire en avalisant un coup d’Etat contre la Présidente Dilma Rousseff élue démocratiquement. Quant au Venezuela, le pays est au bord de la guerre civile. La droite vénézuélienne étant majoritaire au Sénat et à la chambre des députés, elle lorgne fortement vers la présidence à un moment où les difficultés économiques et financières du pays sont énormes. L’hostilité et les pressions du grand voisin américain sont très nocives à l’existence du gouvernement de Maduro. Le Venezuela vit une crise dite « humanitaire » sans précédent dans son histoire.

Qu’en est-il de l’Amérique Centrale, plus précisément d’Haïti ?

Doucement, mais sûrement, la République haïtienne tente de surmonter la plupart de ses problèmes et ses crises institutionnelles. Depuis le 7 février 2017, le pays a officiellement un nouveau président élu aux suffrages universels. Il aurait dû l’avoir un an plutôt : le 7 février 2016. Le pays attend depuis un mois et demi la formation et la ratification d’un gouvernement dirigé par un Premier Ministre. On note un épais brouillard sur le processus conduisant à la mise en place du gouvernement attendu. Que de problèmes à résoudre ! Endiguer la dévaluation vertigineuse de la monnaie nationale : la gourde ; s’occuper de la crise du système éducatif (Ecole, Lycée, Université); organiser le départ de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH); mener des actions en prévision des catastrophes naturelles; prendre les premières mesures contre le chômage, pour le développement de l’agriculture, pour la santé, etc.

La période carnavalesque

Le carnaval, dit-on, est inscrit dans les « gênes » des Haïtiens. Souvent, on a tendance à critiquer cette propension des Haïtiennes et des Haïtiens à organiser des carnavals aux détriments des grands problèmes vitaux du pays. Il serait indécent de penser que la période carnavalesque ait retardé la nomination d’un premier ministre au mois de février 2017 et la formation d’un gouvernement pour conduire les affaires du pays. Il n’est pas impossible, cependant, que les funérailles nationales en l’honneur de l’ex-Président René Préval décédé le 3 mars et inhumé le 11 mars 2017 puisse conduire à retarder la déclaration de Politique générale du Premier Ministre choisi, Monsieur Jack Guy Lafontant. Haïti doit se mettre au travail, il en est temps.                                                                                           


Paul BARON