BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2018

————————————————————————–

Actualités Internationales

—————————————————————————–

Par Paul Baron

France : Le Président haïtien Jovenel Moïse à Paris

Le mardi 12 décembre 2017, le Président Emmanuel Macron a réuni à Paris, en collaboration avec les Nations Unis et la Banque mondiale une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement pour le « One Planet Summit ». Parmi les chefs d’État qui ont fait le déplacement, se trouvait le Président de la République d’Haïti : Monsieur Jovenel Moïse accompagné de son épouse et d’une importante délégation comprenant des Ministres, des hommes d’affaires et des conseillers.

Le « One Planet Summit » s’inscrivait dans le prolongement de l’Accord de Paris et s’attachait particulièrement aux questions de financement des actions climatiques afin d’atteindre les objectifs qui ont été fixés.

Le Président Jovenel Moïse a été très bien reçu par le chef d’État français, Emmanuel Macron et par les autorités françaises ainsi que par les représentants du patronat français.

Il est intervenu, pendant le sommet, en mettant l’accent sur les problèmes spécifiques haïtiens (l’énergie, le reboisement, les catastrophes naturelles, etc.) et sur les aléas climatiques dans les Caraïbes.

Parlant de l’énergie en Haïti, il a déclaré que le plan directeur énergétique du gouvernement haïtien est vert et se concentre sur l’énergie renouvelable.

Lors d’une déclaration conjointe à l’Elysée le 11 décembre 2017, le président français Emmanuel Macron a annoncé qu’Haïti obtiendra 30 millions de dollars dans le cadre du Fonds vert, pour aider le pays à lutter contre les effets du changement climatique.


——————————————————————————

Allemagne : Les élections

—————————————————————————————–

Où en est-on après les élections du 24 Septembre 2017 ?

Mme Angela Merkel a remporté les élections du 24 septembre, mais faiblement. Lucide, elle a tout de suite imaginé la reconduction de la politique de Grande coalition (GroKo) avec le Parti social-démocrate (SPD).

Le SPD de Martin Schulz ne veut pas envisager une 3ème Grande coalition avec Mme Merkel.

La Chancelière affaiblie s’est retournée vers les libéraux et les verts pour un gouvernement de coalition, nouvelle formule.

Mais le 20 novembre 2017, on a appris que les pourparlers pour la formation d’un gouvernement entre conservateurs, libéraux et verts n’avaient pas abouti.

Face à l’échec des pourparlers pour un gouvernement de coalition nouvelle et le refus du SPD de reconduire la formule magique de grande coalition, la Chancelière Merkel aurait envisagé de nouvelles élections législatives.

Le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, autorité morale indiscutable du pays, aurait appelé fermement les CDU/CSU et SPD à s’entendre. La solution GroKo est la seule souhaitable si l’Allemagne, éprise de stabilité, veut être dirigée par un gouvernement majoritaire.

La prise de position du président Steinmeier a conduit le SPD à négocier avec le CDU/CSU les termes d’une nouvelle GroKo. Il en résulte une situation peu courante en Europe et dans le monde. Le nouveau gouvernement Merkel ne verra le jour qu’à Pâques, soit près de 200 jours depuis les élections du 24 septembre 2017. Le précédent record en Allemagne pour former un gouvernement était environ 90 jours. Il est vrai que cette situation atypique n’a pas mis l’Allemagne à feu et à sang.


—————————————————————————————–

Les États-Unis d’Amérique : Donald Trump et Jérusalem

—————————————————————————————–

Le président Donald Trump en annonçant le mercredi 6 décembre 2017 le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem a créé une sorte de cataclysme diplomatique international.

Les ambassades de tous les pays qui ont des relations diplomatiques avec l’État d’Israël se trouvaient à Tel Aviv depuis la reconnaissance officielle de ce dernier. Pourquoi Donald Trump a-t-il pris cette décision maintenant ? Ignore-t-il que la question de Jérusalem, son statut, est au cœur du conflit israélo-palestinien ? Ignore-t-il que le Proche-Orient est la zone la plus explosive du globe ? Ignore-t-il que la ville de Jérusalem est le lieu de rencontre des trois grandes religions : l’islam, le judaïsme et le christianisme ?

On sait que le conflit sur le partage de Jérusalem date de l’éclatement de l’Empire ottoman, à la fin de la première guerre mondiale. On sait également qu’en 1947, les Nations unies (ONU) ont voté le partage de la Palestine qui se trouvait sous mandat britannique depuis 1917, en deux Etats. La ville de Jérusalem était exclue de ce partage et placée sous le contrôle de l’ONU.

Donald Trump en affirmant que Jérusalem est la capitale d’Israël, n’a-t-il pas décidé que désormais il n’y aura qu’un seul Etat dans la zone regroupant Palestiniens et Israéliens ? Quelles en seraient les conséquences ? D’un côté les bons et de l’autre les méchants ?

La décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël a déclenché la colère des Palestiniens, des manifestations dans le monde musulman et une réprobation très forte, unanime même, de la communauté Internationale.

Le lundi 18 décembre 2017, l4 des 15 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU ont voté le projet de résolution soulignant que le statut de Jérusalem « doit être résolu par la négociation » et fait part de « profonds regrets concernant les récentes décisions sur Jérusalem ». Le projet considère que « toute décision ou action visant à altérer le caractère, le statut ou la composition démographique » de Jérusalem « n’a pas de force légale, est nulle et non avenue et doit être révoquée ». Les États-Unis ont utilisé leur droit de veto pour bloquer la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU.

L’Assemblée générale des Nations Unies a voté, le samedi 23 décembre 2017, une résolution par 128 voix pour, 9 voix contre et 35 abstentions réaffirmant que le statut final de Jérusalem ne peut être défini que par Israël et Palestine conformément aux résolutions antérieures de l’ONU.

Mais le véto américain encore a bloqué ce second vote.

Le comble de la victoire du premier Ministre d’Israël se mesure par le fait que le Guatemala a fait le même choix que les USA transférant son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem d’après une déclaration en date du 24 décembre 2017 de son président Jimmy Morales.

On ne choisit pas sa famille, mais ses amis.

—————————————————————————————–

Catalogne, l’Espagne et l’Europe

—————————————————————————————–

«Rajoy et ses alliés ont perdu!»

Le 1er octobre 2017, il y a eu en Catalogne un référendum d’autodétermination qui a été interdit par le pouvoir central espagnol. Ce référendum a été émaillé de violences policières. En dépit des difficultés rencontrées, le gouvernement autonome de la Catalogne dirigé par Carles Puigdemont avait maintenu ce référendum de détermination. Il a été remporté par les « indépendantistes ». Le gouvernement catalan dominé par les indépendantistes a publié les résultats du référendum et proclamé la « République catalane » tout en suspendant le processus d’indépendance. La réaction du pouvoir central et du Royaumes espagnols fut immédiate et sans appel. La catalogne est mise sous tutelle, certains dirigeants indépendantistes furent emprisonnés ou condamnés à payer de fortes amendes, le gouvernement et le parlement catalans furent dissous et de nouvelles élections se tiendront dans 2 mois, soit le 21 décembre 2017. Le roi Felipe, le 1er Ministre Rajoy et son gouvernement étaient persuadés que les sécessionnistes catalans seront battus dans des élections libres et non frauduleuses.

Rappelons qu’en 2006, le Parlement espagnol avait adopté un nouveau statut qui renforçerait l’autonomie de la Catalogne (Estatut d’autonomia de Catalunya) et dont le préambule la définit comme « Nation » à l’intérieur de l’État espagnol.

A la demande du Parti populaire (PP, conservateurs), la Cour constitutionnelle annula en 2010 quatorze articles de ce statut d’autonomie, retoquant l’inscription du concept de « Nation catalane » et rejetant l’usage du catalan comme langue « préférentielle » dans les administrations et les médias.

Cette décision était vécue comme une trahison par bon nombre de Catalans. Ils en prenaient appui pour renforcer la campagne en faveur de l’indépendance de la région.

Les élections du 21 décembre 2017 ont bien eu lieu et les résultats sont les suivants :

Mouvement Ciudadanos 25,37 % et 37 députés ; Mouvement Junts per Catalunya 21,65% et 34 députés ; Gauche républicaine- sécessionnistes (ERC) 21,39 % et 32 députés ; Parti socialiste 13,88 % et 17 députés ;

Catalogne en commun (coalition de gauche) 7,45 % et 8 députés ; Candi-dature d’unité populaire (extrême gauche – indépendantiste) 4,45 % et 4 députés ; Parti populaire (droite) 4,24% et 3 députés.

« L’État espagnol a été vaincu. Rajoy et ses alliés ont perdu !», a clamé depuis Bruxelles M. Puigdemont. Cependant, la situation est toujours confuse.  M. Carles Puigdemont est toujours inculpé pour « rébellion » et « sédition » et s’il rentrait en Espagne de son plein gré, il serait arrêté. Le chef du deuxième parti indépendantiste, Oriol Junqueras, son vice-président, lui aussi poursuivi, est déjà en prison.

Comment s’en sortir ? Peut-être que l’Union Européenne pourrait y jouer un rôle.

—————————————————————————————–

Russie : La Révolution d’octobre à 100 ans (1917- 2017)

—————————————————————————————–

Deux remarques s’imposent.

La première : « Si l’histoire retient l’expression de « Révolution d’Octobre », cet événement historique s’est en fait déroulé dans la nuit du 6 au 7 novembre. Il existait en effet à l’époque un décalage entre le calendrier julien, utilisé en Russie, et le calendrier grégorien, adopté par le reste de l’Europe. »

La deuxième : Les soviets sont des conseils de représentants d’ouvriers, de paysans et des soldats acquis aux idées dites révolutionnaires pendant les grèves du fait de l’inexistence des syndicats dans l’Empire russe. Les soviets ont vu le jour pendant les grèves de 1905 et de 1917.

Des manifestations autour de la révolution d’octobre 1917

Elles ont eu lieu sur les cinq continents, mais, parfois très discrètement. Ce fut le cas, par exemple, dans la Fédération de Russie. En Chine et au Vietnam, on a célébré grandiosement le centenaire de la révolution d’octobre de 1917. En France, la gauche s’en souvient d’octobre 1917, surtout le Parti communiste français (PCF).

« Les 12 terrifiantes minutes qui ébranlèrent le monde » en paraphrasant le titre du livre de l’Américain John Reed « 10 jours qui ébranlèrent le monde ».

Le 25 décembre 1991, Michaël Gorbatchev, Président de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) annonça sa démission et exposa en 12 minutes les raisons pour lesquelles, il ne pouvait en être autrement. On a souligné qu’au même moment le drapeau de la Russie (Fédération de Russie) remplaçait sur le Kremlin celui de l’URSS. Aux Nations Unies, la veille, la Fédération de Russie reprenait le siège de l’ex-URSS.

Cette nouvelle situation, explique-t-elle que les révolutions russes n’ont servi à rien ?

Elles ont transformé l’Empire féodal russe d’avant 1900. Elles ont contribué à l’élimination du servage dans la société russe. La révolution d’octobre a permis l’avènement de républiques dans les anciens territoires de l’empire tzariste et l’indépendance du Duché de Finlande.  Elles ont influencé très largement les luttes anticoloniales et encouragé les luttes pour l’indépendance. La révolution d’octobre, dans ses principes, a dénoncé le nazisme, critiqué l’antisémitisme et contribué à la victoire militaire sur l’Allemagne nazie. Certaines révolutions ou certains mouvement révolutionnaires comme la révolution chinoise, la révolution vietnamienne ou le mouvement anti-apartheid (Afrique du Sud) se sont nourris de la révolution d’octobre de 1917. La révolution d’octobre a œuvré pour la paix, pour les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour l’amitié entre les peuples, contre toutes discriminations, pour la sécurité collective et pour la formation continue des ouvriers et des adultes. Il se trouve que l’objectif majeur de la révolution d’octobre, à savoir, jeter les bases d’une société nouvelle, le socialisme, n’a pas été atteint. Pendant 70 ans, des dirigeants politiques de l’Union des Républiques socialistes soviétiques se sont fourvoyés dans la construction d’une société qui n’avait rien à voir avec la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice et le bien-être.

La dictature du prolétariat (fondement du socialisme théoriquement) au fur et à mesure que le temps passait, était plutôt une machine à broyer, à réprimer les individus au lieu de les protéger et de les permettre de s’épanouir et de vivre décemment. Les dirigeants et petits chefs ont utilisé tous les moyens en leur pouvoir pour s’enrichir et profiter au maximum des biens et ressources de l’Etat.

La cassure s’était opérée et le 25 décembre 1991 Mikhaïl Gorbatchev a rendu son tablier et enterré l’URSS en 12 petites minutes.

Vive la révolution d’octobre de 1917.

————————————————————————–

Actualités Haïtiennes

———————————————————————–

Politique Haïtienne

Le Président Jovenel Moïse à Paris

A l’occasion de sa participation au « One Planet Summit » sur le climat à Paris, en compagnie d’une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement, le Président Moïse souhaitait rencontrer la communauté haïtienne de France. La rencontre devait avoir lieu à l’Hôtel Hyatt Regency Paris Etoile, 62 Boulevard Gouvion-Saint-Cyr, le dimanche 10 décembre 2017 de 17h00 à 21h00.

Nous étions nombreux, les Haïtiens avec nos amis de Paris, des proches banlieues et au-delà, à honorer l’invitation de l’Ambassade d’Haïti en France et à remplir la belle et grande salle du 4ème étage de Hôtel Hyatt Regency. Nous pensions voir, écouter et interroger ce président « tout neuf » de l’État haïtien. Malheureusement, le Président Jovenel Moïse, son épouse et des membres de sa délégation, n’ont pas pu arriver à Paris le dimanche 10 décembre vers 14 h (heure française) comme prévu. L’aéroport de Londres était paralysé par de fortes chutes de neige et de vents violents empêchant tout avion d’y décoller. Nous pensions qu’il arriverait en retard.

Lorsque vers 20 h, un membre de la délégation haïtienne a pris la parole pour annoncer que le Président Jovenel Moïse était toujours bloqué à Londres et qu’il ne pourrait pas nous rejoindre ce soir à Paris. Un vent de déception semblait parcourir la salle. Nous aimerions l’entendre nous parler d’Haïti, de son gouvernement et de la place des Haïtiens de France dans le pays.

Le rattrapage a bien eu lieu le 12 décembre 2017

Le Président Moïse a bien rencontré des membres de la communauté haïtienne de France dans une ambiance chaleureuse et sympathique au Docks de Paris, 93210 Saint-Denis, le 12 décembre 2017, suite à l’invitation de Mme Vanessa LAMOTHE MATIGNON, Ambassadeur d’Haïti en France et Représentant Personnel du Chef de l’État auprès du Conseil Permanent de la Francophonie.

Le Président Moïse a pu faire part à cette nombreuse et attentive assistance de sa détermination et de celle son gouvernement de mettre Haïti en marche vers le progrès et le développement à travers notamment la Caravane du Changement. D’après lui, Haïti ne peut pas et ne doit pas continuer à être la dernière de la classe dans tous les domaines.

On a senti très clairement que son discours a été bien accueilli et bien partagé. Il s’est défini également comme étant en guerre contre la corruption, cette maladie qui fait des ravages dans toutes les sphères de la République d’Haïti. L’adhésion paraissait palpable dans la salle.

Le Président Moïse semblait être satisfait de l’accueil de la communauté haïtienne de France et des échanges qu’il a eus avec elle. La question est finalement : que faire pour que les Haïtiens vivant à l’étranger qui le veulent, puissent participer au développement d’Haïti ?

Haïti, le pays du consensus impossible

Qu’en est-il de la corruption et de la remobilisation de l’armée en Haïti ?


La corruption

Il est de bon ton d’admettre que la corruption en Haïti constitue un handicap sérieux quant au bon fonctionnement de l’Etat, de l’économie, de la justice et de la société, en général. Ainsi des politiques, des mouvements sociaux, des églises et associations se mobilisent pour dénoncer ce fléau. Par exemple, le samedi, ce sont les partis politiques, les syndicats et les mouvements sociaux opposés au Président Jovenel Moïse et à son gouvernement qui manifestent dans les rues contre la corruption dans toutes les sphères de la vie nationale. Le mardi, ce sont les partisans du Président Moïse qui manifestent, descendent dans la rue également pour dénoncer la corruption. D’ailleurs, le Président se définit comme le premier combattant de la corruption et veut se donner les moyens d’en finir avec ce fléau. Pour avancer sur cette problématique, ne faudrait-il pas que des représentants des deux tendances se mettent autour d’une table pour en parler et définir des actions concertées ?

Un dilemme est apparu avec le fonctionnement des fonds de Petrocaribe. Un rapport publié par une commission sénatoriale de la République d’Haït aurait établi que la dilapidation des fonds Petrocaribe serait manifestement l’œuvre d’acteurs politiques haïtiens (anciens ministres ou premiers ministres) ainsi que des experts vénézuéliens. Fondamentalement, le rapport est contesté avec véhémence par les personnes mises en cause. Ce qui veut dire que « la corruption » n’aurait pas une assise franchement objective. Elle serait une machine de déstabilisation politique. Ainsi, la lutte contre la corruption en Haïti est impossible.

La remobilisation de l’Armée Haïtienne : Pour ou contre ?

Le Président Jovenel Moïse a annoncé dans une intervention à la Télévision nationale le 13 novembre 2017 que le haut-état-major de l’armée d’Haïti défilera le 18 novembre justement au Cap-Haïtien sur les lieux et en date de la bataille de Verières, il y a 214 ans.

Le président Moïse ajoute :« En 1994, les obscurantistes ont dissous l’armée qui est la plus grande institution du pays. Pour avoir l’indépendance, nous avons combattu le Blanc avec l’armée. Comme je l’avais promis au cours de la campagne électorale, le 17 novembre, je vais publier un arrêté sur le haut état-major. Il va défiler le 18 novembre sur le boulevard ».

D’après lui : « L’armée d’Haïti est une nécessité. Ce sera une armée professionnelle. Les jeunes vont pouvoir piloter des hélicoptères et réparer des avions. Ce ne sera pas une armée répressive. Elle sera là pour intervenir lors des catastrophes naturelles ». On s’en souvient que quelques mois auparavant, le ministère de la Défense dirigé par Hervé Denis, avait lancé un processus de recrutement de soldats pour cette nouvelle armée.

Cette décision est contestée au parlement, dans la société civile, par certains partis ou mouvements politiques, par des associations de défense des droits de l’homme et de la lutte contre l’impunité. L’idée de former une armée sans état-major est une absurdité et une fuite en avant, disaient certains.

Hier encore, c’était tout un peuple qui dénonçait la MINUSTAH comme une armée d’occupation du territoire national. Finalement, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a entendu et compris les revendications haïtiennes. Ainsi, le premier octobre 2017, la MINUSTAH a plié bagage officiellement.

Certains savaient que la dissolution de l’armée en 1994 était contraire à la constitution. Il aurait fallu modifier la constitution pour que cette dissolution soit légale et définitive.

La République haïtienne a des frontières terrestres, aériennes et maritimes à protéger, à contrôler et à défendre. Faut-il oublier les droits et obligations de l’État haïtien ?

Le départ de la MINUSTAH pour les chefs de guerre ou les potentats politiques serait propice à la création d’ armée personnelle ou de milice privée qui seraient au service des plus offrants financièrement.

Il est bon de penser l’avenir d’Haïti avec des institutions démocratiques, constructives et modernes. Ne peut-on pas envisager une structure militaire capable de participer au développement du pays, d’intervenir en cas de catastrophes naturelles ou de problèmes sanitaires ?


Paul Baron

—————————————————————————————–

Les Zombis

Roland Littlewood du département d’Anthropologie et de Psychiatrie de l’University College de Londres et feu Chavannes Douyon de la Polyclinique Medica de Port-au-Prince ont publié en octobre 1997 dans la prestigieuse revue scientifique médicale britannique The Lancet un article intitulé : « Clinical Findings in Three Cases of Zombification (1) ». Dans la réflexion sur le phénomène de la zombification en Haïti, il s’agit d’une avancée remarquable qui porte le débat dans les laboratoires scientifiques et les salles de cours des universités étrangères. L’article a été cité au moins 44 fois dans d’autres recherches académiques par d’autres chercheurs. Littlewood et Douyon (1997) rappellent que la zombification est devenue un sujet de grand intérêt occidental depuis l’occupation d’Haïti par les États-Unis entre 1915 et 1934.

Mais plus alarmant encore, selon les estimations des auteurs datant de 1997, le nombre de personnes victimes de la zombification en Haïti s’élevait à environ mille nouveaux cas par an à travers le pays. Des estimations supportées par le Dr Louis Price Mars (fils du Dr Jean Price Mars) qui était, à l’époque, professeur-chercheur à l’Université d’État d’Haïti (UEH) et fonctionnaire au ministère de la Santé publique. Il s’agirait donc d’un inquiétant phénomène de santé publique qui mériterait l’intervention de l’État. Bien entendu, les rares cas analysés par des chercheurs haïtiens et étrangers sont ceux des zombis qui reviennent à la vie publique en regagnant leurs familles. L’exemple le plus connu est celui de Clairvius Narcisse qui a été étudié en profondeur par Lamarque Douyon (1980), Wade Davis (1983a, 1983b, 1983c, 1985), Bernard Diederich (1983), Nathan Kline (1980), Heinz Lehmann (1980) et Hulse (BBC, 1981).

Si les estimations de Littlewood et Douyon (1997) étaient vraies, la zombification serait une cause de mortalité plus effrayante que le kidnapping, les accidents de la route et l’insécurité réunis. D’où la nécessité pour l’État haïtien de mener une investigation nationale rigoureuse sur le phénomène afin d’envisager les mesures appropriées. L’interprétation haïtienne, précisent les auteurs de l’article, est qu’un zombi est une jeune personne qui, soit par l’empoisonnement ou par la sorcellerie, tombe soudainement et inexplicablement malade, reconnue morte par sa famille et/ou par des médecins, inhumée, puis relevée et captée par un bòkò qui le garde secrètement en vie avec des facultés affaiblies.

À travers le processus de zombification, indiquent-ils, le cadavre du zombi est séparé est de son « gro bon anj » et de son « ti bon anj ». Le « gro bon anj » est capté par le bòkò et gardé hermétiquement dans une bouteille. Il s’agit, poursuivent les auteurs, du corps astral de la victime qui est complètement différent du corps physique, utilisé comme esclave. Ils relatent trois manières par lesquelles le zombi peut retourner à la vie normale : i) la bouteille contenant le corps astral est brisée ii) le bòkò est mort et le zombi est relâché ou s’est évadé par relâchement de la surveillance iii) le zombi, très rarement, est libéré par une intervention mystérieuse. Même après l’évasion, son état mental et physique demeure le même, rendant la victime toujours vulnérable à une nouvelle capture pour être refaite esclave. Il lui faut alors un traitement médical et mystique pour recouvrer ses facultés initiales.

Littlewood et Douyon (1997) indiquent que très peu de bòkò ou de médecins haïtiens prétendent pouvoir permettre à un zombi de recouvrer son état initial d’avant sa mort apparente. Selon eux, on identifie un zombi par son intonation nasale qui représente une manifestation de « l’esprit de la mort », une expression figée, des actions maladroites, répétées et sans objectifs précis. Son discours est également répétitif et limité. Pour éviter à leurs proches décédés de connaître de pareille mésaventure, les auteurs de l’étude révèlent que certains parents haïtiens procèdent purement et simplement à la décapitation des morts avant leurs funérailles.

Les auteurs ont documenté dans les moindres détails trois cas de zombification recensés dans le Sud d’Haïti : deux jeunes filles de 30 et 31 ans et un jeune homme de 26 ans. Les chercheurs ont rencontré leurs familles, les villageois et des bòkò pratiquant la zombification. Des tests ADN ont été réalisés pour vérifier les liens de parenté des zombis avec leurs familles. Les causes de zombification mentionnées par les victimes et leurs proches sont la jalousie, l’aigreur, la pure méchanceté et des conflits liés à l’héritage familial.

Mais le vodouisant et spécialiste de la communication Norluck Dorange a une tout autre justification du phénomène. Pour lui, quand un membre de la famille d’un notable des zones reculées a commis un acte répréhensible (comme un vol par exemple), le père de la famille peut décider de le faire zombifier pour laver l’affront de la famille. Mais cela n’enlève en rien le caractère criminel de l’acte. Au Canada, on considère ce genre de crime comme un crime d’honneur.

Littlewood et Douyon (1997) indiquent avoir interviewé deux bòkò pratiquant la zombification. Ils ont participé à une cérémonie vodou chez l’un d’entre eux. Ce dernier possède son propre péristyle et ses sociétés secrètes : zobop, bizango, cochon gris et une secte rouge qui sont impliqués dans des actes de zombification. Tandis que l’autre bòkò s’est converti au protestantisme. Il était reconnu à l’époque de la visite des chercheurs comme un farouche opposant à la sorcellerie et à la zombification. Les chercheurs notent, avec stupéfaction, les cordiales relations existantes entre les deux hommes au moment de leur visite. Le bòkò pratiquant a montré aux chercheurs Littlewood et Douyon des bouteilles contenant, selon lui, des « astrals de zombis » tout en confirmant avoir vendu leurs cadavres à des cultivateurs et à d’autres bòkò. Selon ce bòkò, le contact physique ne serait pas nécessaire pour atteindre sa proie comme le suggère l’approche de l’empoisonnement.

La zombification et la médecine

Il ressort des différents travaux que l’une des explications du phénomène de la zombification est l’existence d’un poison de fabrication locale. Ce poison, quand il est administré correctement, ralentit l’état du métabolisme à un point tel que la victime puisse être considérée comme cliniquement et théoriquement morte. L’antidote existe parallèlement. Et quand celui-ci est adéquatement administré, la victime peut recouvrer une partie ou toutes ses facultés cognitives. Donc, le détenteur de l’antidote peut utiliser le dosage pour manipuler le zombi à sa guise.

Le potentiel médical de cette substance, particulièrement dans le domaine de l’anesthésiologie, serait énorme. Il pourrait ouvrir la voie à de grandes percées dans ce domaine de la médecine moderne. C’est l’une des raisons pour lesquelles la zombification intéresse des chercheurs étrangers. Dans l’état de mort apparente, les victimes seraient capables de demeurer au moins 6 heures, voire jusqu’à 24 heures, au tombeau ou sous le sol. Tout un exploit ! Mais toute la magie, fait remarquer un fin connaisseur de la zombification, réside dans la technique qui consiste à relever le cadavre sur ses deux pieds. Les détenteurs de ce secret ne le partageront jamais avec personne, avoue-t-il.

Plusieurs médecins et scientifiques haïtiens considèrent la zombification uniquement comme une conséquence de l’empoisonnement en négligeant son côté mystique, plus difficile à appréhender. C’est le cas par exemple du Dr Ghislaine Adrien, psychiatre, qui s’est intéressée au phénomène parce que les parents de ses patients lui en parlent assez souvent. Elle s’est donc approchée, à un certain moment, de quelques hougan, particulièrement du feu Max Beauvoir pour essayer d’en savoir davantage. Tout ce que le Dr Adrien a pu glaner la porte à croire qu’il existe dans le poisson appelé froufrou ou poisson globe une substance appelée tétrodotoxine que l’on retrouve également dans une espèce de crapaud et dans certaines racines d’arbres en Haïti. La tétrodotoxine provoque, explique-t-elle, un état de catalepsie profonde qui fait que les signes vitaux ne sont pas décelables avec les stéthoscopes ou autres instruments médicaux. L’effet de cette substance semble durer plus de 24 heures, indique-t-elle. Mais cette approche suggère que la victime devrait avoir un contact direct avec son bourreau.

La tétrodotoxine a été largement étudiée par des chercheurs japonais. Elle a été retrouvée dans un poisson dont la consommation peut rendre la personne dans un état de mort apparente et temporaire.  Les deux bòkò rencontrés par les chercheurs Littlewood et Douyon mentionnent d’autres substances locales utilisées dans le processus de zombification. Ils citent en exemple des restes humains, de crapauds, de lézards et de tarentules.

Cependant, il existe l’autre hypothèse plutôt mystique qui est étudiée par Littlewood et Douyon (1997). Pour certains hougan et adeptes du vodou, la zombification n’est qu’une justice parallèle à la justice étatique, inaccessible à la masse des défavorisés. Comme une forme de peine capitale pour des gens qui seraient coupables d’actes reprochables. Mais dans les cas documentés, on rapporte plutôt des scènes de jalousie, d’aigreur, de vengeance, de méchanceté, de règlement de comptes ou de conflit familial.

À partir des différents cas étudiés par les scientifiques haïtiens et étrangers, on ne peut relever de symptômes communs à tous les zombis. Chaque cas de zombification a ses spécificités et ses manifestations propres. Les techniques médicales usuelles ne permettent pas une caractérisation rigoureuse non plus.

Dans une collaboration avec Heinz Lehmann de l’Université McGill à Montréal et de Nathan Kline de Rockland State Research Institute de New York, le Dr Lamarque Douyon avait réalisé des travaux titanesques sur les cas de zombis ayant regagné leurs familles en Haïti de 1961 à sa mort. Nathan Kline est un pionnier du domaine de la psychopharmacologie qui a effectué des recherches, de façon intermittente, durant environ 30 ans en Haïti. C’est la raison pour laquelle le centre psychiatrique de Port-au-Prince porte son nom à côté de celui du Dr Louis Price Mars, l’un des pionniers de la recherche en la matière en Haïti. À noter que le Dr Lamarque Douyon avait complété sa résidence médicale en psychiatrie à l’Université McGill.

Malheureusement, les Dr Douyon sont tous déjà partis pour l’au-delà (non zombifiés, on l’espère). Chavannes Douyon est mort assez récemment, le 23 mars 2016. L’État haïtien n’avait pas profité de leur vivant pour faire la lumière sur ce phénomène, reconnu comme un crime par l’article 246 du code pénal haïtien.

La mambo Euvonie Georges Auguste de la « Konfederasyon nasyonal vodouyizan ayisyen (KNVA) » l’affirme sans ambages : « Haïti est une terre de liberté, elle ne doit pas tolérer qu’un groupe de ses fils et filles soit traité comme des esclaves sous aucun prétexte.». Elle indique que la zombification est contraire à la philosophie du vodou tout en admettant l’existence du phénomène en tant qu’une « forme de justice individuelle parallèle ». Reste à savoir si cette position est partagée par l’ensemble des vodouisants. Madame Auguste réclame l’application stricte de la loi, notamment contre les malfaiteurs qui, après avoir « zombifié » beaucoup de personnes, témoignent de leurs forfaits dans les églises protestantes, sous prétexte d’une certaine conversion au christianisme. « Ne pas sévir contre ces gens est une incitation à l’extension du phénomène de zombification dans le pays », a-t-elle déploré.

Haïti a perdu des savants et scientifiques qui travaillaient sur la zombification en Haïti. Au lieu d’être supportés par leur État comme leurs homologues étrangers, ils ont été souvent arrêtés et persécutés par le régime des Duvalier. C’était le cas du Dr Lamarque Douyon qui investissait son temps, ses ressources et son énergie dans la recherche sur la zombification. Il est incompréhensible que jusqu’ici les dirigeants haïtiens ne se montrent pas suffisamment intéressés à élucider ce phénomène qui marque si profondément l’imaginaire et le fonctionnement de l’Haïtien. Le chercheur Wade Davis vit encore, comme pour dire que la recherche sur le sujet est quasiment laissée aux étrangers qui l’orienteront à leurs fins.

1) Clinical Findings in Three Cases of Zombification, The Lancet, 1997 ; 350: 1094–96.

Thomas Lalime source Le Nouvelliste

—————————————————————————————–

Commémoration de Vertières (18 novembre 1803)


Vertières (Haïti) : une bataille pour la liberté et l’éducation

Les associations CEDOZARTS, CRIS et EPONJE ont réuni, le 18 novembre 2017, à l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, des compatriotes Haïtien-ne-s, des camarades associatif-ve-s de l’Afrique subsaharienne et de la France, désireux-ses d’appréhender la symbolique de la Bataille de Vertières, en la 214ème commémoration de son anniversaire.

Paradoxalement, cette histoire qui s’est déroulée dans la colonie française de Saint-Domingue le 18 novembre 1803 semble faire l’objet d’une occultation partagée entre Haïti (les descendant-e-s d’esclaves) et la France (le pays esclavagiste). Si, la première République Noire au monde (Haïti), a vu un pan de son histoire marginalisé et ignoré, nous pouvons nous interroger aujourd’hui sur l’état d’avancement des valeurs portées par les va-nu-pieds d’hier qui ont renversé l’ordre de la domination raciale et raciste dans les Caraïbes.

L’indépendance d’Haïti proclamée le 1er janvier 1804 et actée par la Constitution de 1805 nous dit en préambule que :

-    « Le » peuple d’Haïti qui nous a légalement constitués les organes fidèles et les interprètes de sa volonté,

-    En présence de l’Être Suprême, devant qui les mortels sont égaux, et qui n’a répandu tant d’espèces de créatures différentes sur la surface du globe, qu’aux fins de manifester sa gloire et sa puissance, par la diversité de ses œuvres,

-    En face de la nature entière dont nous avons été si injustement et depuis si longtemps considérés comme les enfants réprouvés,

-    …Constitution est l’expression libre, spontanée et invariable de nos cœurs et de la volonté générale de nos constituants… »

214 ans plus tard, des observat-eur-rice-s avisé-e-s se questionnent sur l’intransigeance des institutions léguées aux Haïtien-ne-s qui ne respectent pas la volonté du peuple en ne défendant guère « la liberté, l’égalité et la diversité ». Elles semblent s’orienter plus vers la voie de l’injustice économique et sociale, contrairement à l’article 19 de la première constitution stipulant que « dans chaque division militaire, une école publique sera établie pour l’instruction de la jeunesse ». Aujourd’hui, sommes-nous en droit d’allier cette lutte pour la liberté à l’éducation au vu de la qualité de l’enseignement, de l’implication de l’Etat dans l’éducation de la population haïtienne ?

Peut-on être encore fier-ère de cette histoire ?

Les intervenants Georges Eddy Lucien et Jacques Nesi, comme le public, ont soutenu que la Bataille de Vertières, et les autres batailles ayant conduit à la Révolution haïtienne, était une première étape dans la lutte pour la liberté et l’égalité des peuples colonisés dans le monde. Par conséquent, elle donne à voir l’expression d’une revendication à portée universelle qui est celle d’un positionnement horizontal entre les groupes humains. Cette lutte menée contre l’esclavage doit ainsi être poursuivie en s’adaptant au contexte local et international de violation ou de menace des droits humains partout dans le monde.

Raconter et comprendre l’après-Vertières

La question « Comment la bataille de Vertières est racontée et expliquée ? », soulevée par le Dr. Georges Eddy Lucien, enseignant-chercheur et responsable du Laboratoire des Dynamiques des Mondes américains (LADMA) à l’Ecole normale supérieure d’Haïti (distinction Haitian Studies Association 2014 et prix Barbancourt 2015), met en lumière le choix d’une construction sélective de l’imaginaire de l’événement basée essentiellement sur sa dimension factuelle. En Haïti et à l’extérieur du pays, la transmission de la mémoire de la Bataille de Vertières, à travers des outils pédagogiques et artistiques (manuels scolaires, documents iconographiques, …), s’applique à relater le lieu, les faits et les personnages célèbres.

On s’intéresse peu aux dimensions systémique et sérielle. L’événement est présenté comme un moment de rupture. Dans ce cadre, on fait abstraction des luttes antérieures, des positions de classe. Dans le même temps, on met l’emphase sur les questions de couleur. Mon propos s’applique à appréhender l’événement dans toutes ces dimensions (factuelle, sérielle et systémique et culturelle) en s’appuyant sur les mêmes documents écrits et iconographiques utilisés habituellement, argüe le chercheur avec détermination.

Ainsi « L’union fait la force », symbole de l’unité nationale, devient aussi un élément factuel faisant abstraction des interactions entre les territoires, les groupes sociaux de l’époque et les organisations structurelles de la société. Cette démarche conduit à un leadership autonome, déconnecté de toute structure sociale. L’un des exemples frappants, reste l’esprit de compromis, d’unité et de rassemblement, notifié lors de la signature de l’acte de l’Indépendance (23 mulâtres, 13 Noirs et un blanc).

Jacques Nesi, Docteur en Science Politique, rattaché au Laboratoire caribéen des Sciences sociales (LCS2) et éditorialiste à l’émission Kònlanbi, nous a proposé de réfléchir sur « les relations de l’après-Vertières avec le monde : la hantise de l’autre comme objet indésirable ». Il a démontré que la charge symbolique de Vertières en termes politique s’est estompée et que les dirigeants ont fait le choix d’un modèle de société faisait peu de place aux « Nouveaux Libres ». Il avance avec pour thèse qu’« à une politique de l’éducation favorable à la majorité d’« êtres indésirables » juxtaposée à une communauté de « désirables », de semblables. L’Autre est ainsi envoyé à son statut de sous-citoyen, analphabète et instrumentalisé ».

Quelle utilisation de ce patrimoine ?

L’exposition de la plasticienne/cinéaste Wislène Delmond a apporté une dimension originale et universelle à la commémoration. Ses différentes œuvres exposées, ont fait un rappel historique de l’identité haïtienne en mettant en relief la notion de « résistance par les Arts ». Wislène Delmond a montré que l’Art peut être utilisé par de simples « amat-eur-rice-s ou de professionnel-le-s » pour diffuser des messages de résistance, pour mobiliser, sensibiliser et conscientiser l’opinion publique. « Mes nouvelles créations ainsi que mes anciennes ayant constitué de simples utilisations du patrimoine culturel de ma terre natale, peuvent devenir des symboles opposés à l’idéologie des « nouveaux pouvoirs » dans le monde. Je crois que résister est aussi une forme de lutte morale », soutient-elle, sûre d’elle.

Dans une telle perspective, l’Art devient une ressource essentielle rendant possible « la réaffirmation individuelle et/ou collective de sa fidélité, de son engagement contre « la déshumanisation de l’Autre et l’oubli de son origine ». Ainsi la partie culturelle du programme, animée par Jackson Thélémaque, a ouvert la barrière de l’âme mortifère gangrenant la société des « anciens esclavages ». Le chanteur-musicien-compositeur contemporain a invoqué les héros pour réveiller les consciences, ressusciter les âmes égarées, voire perdues, qui conduisent à la misère et à l’injustice sous toutes ces formes.

Rendue possible grâce à l’implication de l’Université Paris 8, des modérat-eur-rice-s Rébecca S. Cadeau et David Charles et de Dj Fito the best, cette commémoration a été la rencontre de plusieurs façons de penser l’articulation des luttes et des moyens de lutter face aux idéologies de domination. Le comité organisateur n’a pas caché son sentiment de satisfaction face à l’intérêt du public de prolonger le débat malgré l’absence imprévue des députés Reynald Exantus et Kétel Jean-Philippe dans le panel.

Pour le comité organisateur :

CRIS Centre de Réflexion et d’Innovation sociale :

Stanley Germain, Président

EPONJE Espace de Protection et d’Orientation nouvelle des Jeunes : Odnor Jean, Président

CEDOZARTS : Wislène Delmond, Présidente,

Emails : eponjeorg@gmail.com,

crisinnov@hotmail.com, ssociationcedozarts@yahoo.fr

—————————————————————————————–

Prix d’Histoire 2017


Prix d’Histoire 2017 de la Société Haïtienne d’Histoire, de Géographie et de Géologie,

En partenariat avec la Fondation Roger Gaillard.


Nous sommes ensemble ce matin pour la proclamation publique des résultats du concours Prix d’Histoire 2017 lancé par la Société Haïtienne d’Histoire et de Géographie, en partenariat avec la Fondation Roger Gaillard. Conformément au Règlement du concours, ce Prix couronne, tous les deux ans, une œuvre inédite « répondant aux attentes de la communauté scientifique et dont la teneur sera susceptible d’intéresser un large public ».

Le présent jury est légèrement différent de celui qui a siégé, en 2015, à la précédente édition du Prix. En effet, un de ses éminents membres, le professeur Cary Hector n’est plus de ce monde depuis le 14 octobre dernier, toutefois son ombre a accompagné le cours des travaux du jury 2017.

Le jury en exercice est donc composé de Suzy Castor, Michel Hector, Pierre Buteau, Watson Denis et Gusti-Klara Gaillard. Le jury s’est réuni le lundi 13 novembre 2017 pour se prononcer sur six (6) manuscrits dont plusieurs de belle facture.

Suite aux délibérations tenues hier et après la levée de l’anonymat que nous venons d’effectuer publiquement ce mardi matin, le jury proclame avoir fixé son choix sur le manuscrit soumis par Jean Alix René et intitulé : « Haïti après l’esclavage : l’Espérance d’une vie nouvelle de liberté et d’égalité (1804-1846) ».

Cette étude de près de 400 pages s’est imposée à l’attention du jury. Il s’agit d’une approche originale, novatrice et stimulante d’un antagonisme fondamental qui traverse toute la période d’émergence de l’Etat haïtien. Cette étude traite de l’opposition et des dynamiques de celle-ci entre les stratégies des élites économiques et politiques en formation et les aspirations des couches populaires à la citoyenneté, à plus de justice et à une liberté effective.

Cette étude s’appuie, tout en la questionnant, sur une production historique et théorique des plus actuelles et elle recourt à une documentation d’une grande richesse jusqu’ici peu exploitée, en particulier les précieux fonds des Archives Nationales d’Haïti couvrant la première moitié du 19ème siècle. La maîtrise et le croisement des sources très diversifiées permettent à l’auteur d’aborder avec recul un sujet qui suscite encore des passions dans notre opinion publique.

Conformément au Règlement du concours, le lauréat recevra une enveloppe de mille dollars et, après la prise en compte par l’auteur des recommandations formulées par le jury, son ouvrage sera imprimé à mille exemplaires.

Félicitations donc au lauréat Jean Alix René !

Le jury tient cependant à signaler le vif intérêt porté à un manuscrit qui invite à aborder, par le biais d’une approche peu courante, nos édifices religieux, témoins de notre histoire et composants de notre patrimoine si dévasté par le séisme de 2010.

Il s’agit du texte intitulé « La chapelle Saint-Louis de Gonzague : un joyau de l’Art classique religieux au cœur de Port-au-Prince », soumis par… Claude Prépetit.

Le jury tient enfin à féliciter également les quatre autres candidats qui lui ont soumis leurs travaux qui indiquent une démarche historique appelée à s’étoffer.

Le jury a remarqué que le nombre de candidats est plus important que celui de l’édition 2015 du Prix d’Histoire qui avait eu à statuer sur quatre manuscrits. La participation en hausse de candidats témoigne d’un intérêt croissant à l’initiative de la Société d’Histoire et de la Fondation Roger Gaillard de couronner une œuvre historique inédite. Cette initiative peut aujourd’hui une nouvelle fois se concrétiser grâce à l’invariable appui de mécènes avertis, en l’occurrence l’imprimerie Le Natal, la Fondation Connaissance et liberté (Fokal), la Fondation Unibank et Le Nouvelliste. Grâce à ces quatre institutions et grâce aux candidats, historiens et apprentis historiens, la Société Haïtienne d’Histoire poursuit sa mission d’œuvrer au renouvellement et à la diffusion du savoir historique en Haïti, voie indispensable à la construction d’un avenir pour notre pays.

Rendez-vous donc à la prochaine édition du Prix d’Histoire en 2019

———————————————————————————————–

Mémorandum résidence Universitaire Haïtienne à Paris

Paris, le 7 octobre 2017

Groupe d’initiative : Jacques Gourgue, Paul Baron,  Jean-Marie Théodat, Josette Bruffaërts, Jean-Claude Bruffaërts, Jean-Jacques Cadet, Joclyn Belfort, Jean-Béby Gardy Alexis,  Jocelyn Belfort.

Réuni au 6, Rue des 5 Diamants

75013 PARIS

Considérant la déclaration commune du 12 mai 2015 sur la place du Champ de Mars, à Port-au-Prince, des présidents Martelly et Hollande consacrant l’éducation comme le socle de l’amitié franco-haïtienne ;

Considérant l’urgence de sauvegarder la francophonie en Haïti en développant des liens avec la France par l’intermédiaire des étudiants haïtiens dans tous les domaines ;

Considérant que de plus en plus de jeunes haïtiens se forment dans les pays anglophones et hispanophones (Europe, Amérique du Nord et Latine) et que cela contribuerait, à terme, à affaiblir la francophonie en Haïti, mais ce n’est pas la seule raison ;

Considérant la nécessité de mieux encadrer les étudiants présents en France tout en s’attachant à préparer, faciliter leur retour en Haïti ;

Considérant la difficulté d’accès des étudiants haïtiens à un logement décent dans les conditions actuelles du marché de l’immobilier ;

Un espace dédié à l’accueil et l’hébergement des étudiants haïtiens en France devient impératif. Ce lieu serait pour les étudiants bénéficiaires à la fois un point d’ancrage, un lieu d’orientation, d’information pour des études réussies et pour se familiariser avec l’idée du retour en Haïti.

Nous, étudiant(e)s haïtiens, enseignant(e)s, associations, institutions, artistes, ami(e)s, écrivains de France, engagé(e)s dans le renforcement des ressources humaines et dans l’encouragement au retour des cadres formés dans les universités françaises, en appelons aux autorités haïtiennes pour qu’elles sollicitent de la part de l’État français la mise à disposition d’un espace à des fins de logement, d’accueil et d’encadrement des jeunes étudiantes et étudiants en provenance d’Haïti.

——————————————————————————————————————-

Distinctions

————————————————————————-

Des Haïtiens sont distingués en 2017 et dans plusieurs domaines. Nous en sommes fiers et nous les félicitons tous.

En cette fin d’année, nous mentionnons la liste des noms suivants qui risque de ne pas être exhaustive.

Anthony Phelps

Anthony Phelps a reçu le Grand Prix de poèsie 2017 de l’Académie Française. Il est imprimé et diffusé en France par les Éditions Bruno Doucey.

Marie-Célie Agnant

Marie-Célie Agnant est honorée du Prix : Alain-Grand Bois de l’Académie des Lettres du Québec pour son recueil :  « Femmes des terres brulées ».

James Noël,

James Noël auteur du roman : « Belle Merveille » (Zulma 2017) et de plusieurs recueils de poésie est fait Chevalier des Arts et des Lettres pour sa contribution à la promotion des valeurs culturelles de la France.

Edwidge Danticat

Edwige Danticat est lauréate du Prix international de littérature de Neustadt 2018.

Jean d’Amérique

Jean d’Amérique a reçu le Prix de Poésie de la Vocation 2017 par la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour son reecueil : « Nul chemin dans la peau que saignante étrainte ».

Gary Victor

est lauréat du Prix : « Fetkann Maryse Condé de la Mémoire » 14 ème Edition pour son roman : « Les Temps de la cruauté » (Philippe Rey 1017).

Néhémy Pierre- Dahomey

Néhémy Pierre-Dahomey est distingué du le Prix : « Révélation de la Société des Gens de Lettres (SGL) » pour son premier roman : « Rapatriés » (Seuil 2017).

Ferdy Ajax

Ferdy Ajax a reçu le 3ème prix de poésie classique et néoclassique de l’UNICEF 2017

Ben Mauson Toussaint

Ben Mauson Toussaint est lauréat du Prix Louis d’Hainaut de vocation internationale. Ce prix est ouvert à tout chercheur de la francophonie universitaire (exepté Europe de l’Ouest et Amérique du Nord). Il lui a été décerné lors de la 17ème Assemblée générale de l’AUF tenue à Marrakech le 17 octobre 2017 pour sa thèse intitulée : « Apprentissage automatique à partir de traces multi-sources hétérogènes pour la modélisation de connaissances perceptivo-gestuelles », soutenue le 12 octobre 2015 à l’université de Grenoble (France). Monsieur Toussaint est Docteur en Intelligence artificielle et WEB.

————————————————————————-

Arts et Lettres

————————————————————————-

Poésie

———————————————————————————————————————–

Oh Femme !

C’est toi la plus belle créature…

L’histoire t’a honorée ; grande dame…

Tu parles de Néfertari, la grande épouse royale…

Tu racontes la légende d’ISIS dont la volonté et le pouvoir impressionnent les hommes …

Tu chantes avec le monde, Cléopâtre amante de César, a traversé la mer et les nuages…

Oh Femme !

Tu portes ta robe noire !

Tu as raison « Marie Curie » accusée pour raison d’amour…

Camille Claudel conduite à la folie…

Et Lady Diana assassinée…

Oh Femme !

À peine as-tu vu la lumière, que ton entourage pleure ton arrivée, indésirable créature n’est-ce pas !

Adolescente, tu seras conduite pour purifier ton corps…

Jeune, tu seras jetée dans la cage du mariage…

Mariée, tu seras obligée, sans recours, de te reproduire, garçon ou fille !

Oh Femme !

Tu portes ta robe noire pour cacher cette tristesse ?

La couleur noire ne cache pas la misère du cœur…

À l’âge mûr, tu commences à te réveiller après tant d’épreuves …

Le bonheur existe mais il faut le retrouver, enfoui dans un puits…

Dans la vie, il faut l’inventer…

Cela te donne certaines raisons de vivre ta passion…

Hélas, ton nid est plein de serpents !

C’est vrai ta beauté est éclatante !

La nature t’a offert une mine de bonheur…

Quand la vierge allaite son fils, la mère idéale de l’univers, inspirée par les artistes.

Quand le prince cherche une fille à la robe rouge qui a perdu ses chaussures…

Quand Cendrillon s’occupe de ses petits frères, sœur aînée sacrifiée…

Tu oublies « Chahrayar » qui a suspendu les paroles de « Shéhérazade »

Juste à l’aube de l’histoire…

Tu as vu « Ishtar », dans le monde moderne, la Déesse est assassinée à Bagdad !

Zénobie n’est pas revenue à Palmyre…

Oh Femme !

Tu portes ta robe noire !

Tu es la rose dont le parfum nous excite…

Tu es l’arbre dont l’ombre nous abrite…

Tu racontes des comédies, pour oublier ton chagrin, je te réponds c’est de la tragédie sombre !

Dans un monde, où tu es cachée loin du soleil…

Tu restes à l’ombre de lumière, censure suivie de censure, tes lettres magiques sont interdites !

Oh Femme !

Tu déclares ;

Démocratie d’amour,

Démocratie de liberté,

Démocratie de poésie de lumière…

Un monde sans pitié refuse l’égalisation de la fraternité…

Oh Femme !

Lève-toi ! Regarde le soleil…

Lève-toi ! Écris ton histoire…

Lève-toi ! Parle de ton courage, de ton sacrifice aux yeux du monde !

Oh Femme !

Oh Femme !

Lève-toi ! Dessine une petite fille au cerf-volant…

Lève-toi ! Chante l’hymne de la LIBERTÉ !


Mona Gamal El-Dine      25 octobre 2017

————————————————————————–

Le petit prince


Le petit prince

Sur les épaules de son papy,

Comme sur un trône,

Assiste à la parade.

Il est fasciné

Par les armes

Des soldats.

Devant lui

Défile

Le bataillon d’honneur,

Le bataillon de la mort.

Qu’il est beau

Le chef !

Ses décorations

Parlent de ses exploits

Et brillent au soleil.

De juillet.

Il a l’air

De bouder comme un lion.

La guerre

Est son vrai royaume.

Le jour,

Il y pense.

La nuit,

Il en rêve.

Non ! La guerre

N’est pas un carnaval,

Petit Prince

Au col marin !

Je te donne

Un talisman.

Je te donne

Cette flûte,

La mienne.

Quand il fera beau temps,

Joue-la!

Joue-la

Et laisse tomber

Ton arme.

Laisse tomber

Les étoiles du général.

Cueille celles du ciel.

Et le soleil

Te tapera

Dans la main.

Et deviendra

Ton ami.

Je te vois

Ce matin

Avec ta mitraillette

De bois.

Tu serais joyeux d’en découdre avec l’ennemi.

Pourtant, Petit Prince,

Mon fils

En est revenu

Entre quatre planches.

Ton oncle

En a eu

Les yeux crevés.

Il ne reverra plus

Sa Jeannette.

Toute la famille

En est bien triste.

Il est magnifique

De se mesurer à l’ennemi

Sur le terrain.

Mais la bataille

Ce n’est pas du carnaval.

Détourne-toi

De ces ruisseaux de sang

Détourne-toi

De l’horrible.

En Afrique,

Des enfants à peine plus âgés que toi

Sont dressés pour tuer.

Ils manipulent

Des armes plus lourdes qu’eux.

La nuit,

Ils sont agités de cauchemars.

D’autres laisseront leurs os

Aux mâchoires des hyènes.


Nel, Paris, octobre 2017

————————————————————————–

Un Enfant

Un enfant n’a besoin de rien, quand tout va bien

Mais un enfant a besoin d’amour, d’où il vient

Comme un cadeau, un souvenir dont il s’souvient

Un enfant n’appelle pas au secours pour rien

Écoute son appel, ce cri qui vient de loin

Ouvre ton cœur ! Un enfant n’a pas de couleur

Ses larmes brûlent d’innocence, en profondeur

Donne-lui l’amour, juste un instant de bonheur

Juste un regard qui lui couvrira de tendresse

Pour apaiser enfin, sa profonde tristesse

Une tristesse amère qui cache bien son jeu

Un enfant ne dit rien, il demande très peu

Trop peu de chose pourrait satisfaire ses envies

Trop de peu d’amour qui illumine sa vie.


Ferdy Ajax, le 10 octobre 2017

——————————————————————————-

Livres à lire

——————————————————————————-

Claire, Catherine et Défilé – Les trois femmes les plus puissantes d’Haïti

Pièce de théâtre de Eric Sauray,

Il s’agit d’une tragédie concernant l’État Haïtien et son fondateur Jean-Jacques Dessalines.

Les trois femmes mentionnées furent partie prenante de l’histoire haïtienne et jouèrent un rôle particulier en ce qui concerne J.J. Dessalines. Malheureusement, dans les livres d’histoire haïtienne, on parle très peu d’elles. L’auteur, Eric Sauray, se propose de leur rendre justice, de mieux les faire connaître et aussi de parler de Dessalines.

La pièce n’est pas très onéreuse, on peut l’acheter sur Amazone. Pour des informations complémentaires, contactez :

KÉFÉMAS ÉDITIONS

7, rue des Grives 95160 Montmorency

Tel. 01 34 17 63 18. Fax : 09 57 31 55 96

——————————————————————————-

Dictionnaire Géographique et Toponymique de la République d’Haïti

——————————————————————————-

Ernst Pedro Casséus (1933-2013) [2ème Édition].

Ce Dictionnaire a été présenté dans les locaux du Consulat général de la République d’Haïti à Paris le 18 octobre 2017 par Mme Ruth Myrtho Casséus, fille de l’auteur.

Cette soirée de rencontre-débat fut organisée par l’association « Maison d’Haïti » dont la présidente est Élodie-Anne Télémaque.

Mme Casséus fit une présentation brillante et efficace du livre de son père. Et le débat qui s’en est suivi était très animé.

Le Dictionnaire est un large pavé de 406 pages que tout un chacun devrait posséder.

Le 1er tiers du livre semble être à la portée de tous. Tandis que les deux autres tiers s’adresseraient à des personnes particulièrement motivées par des données statistiques et techniques. C’est un livre important pour tous ceux qui pensent travailler dans le domaine agricole ou agro-industriel.

Ce dictionnaire est imprimé en 2016 sur les Presses de l’Imprimerie Henri Deschamps Port-au-Prince- Haïti.

——————————————————————————-

Au souffle du vent-poupée

de Anthony Phelps et de Peintures d’Iris Geneviève Lahens

——————————————————————————-

Nous nous trouvons en présence d’un livre atypique constitué de poèmes ou de fragments de poème agencés à des peintures dont le lecteur ignore le secret. Il ne peut s’agir d’illustration ou d’interprétation dans un sens ou dans l’autre. Le fil conducteur peut-être le beau ou l’émerveillement.

Iris Geneviève Lahens, Anthony Phelps et les Éditions Bruno Doucey nous ont étonnés en réalisant ce bel ouvrage de 112 pages. Il a été achevé d’imprimer en octobre 2017 pour le compte de Bruno Doucey, poète et éditeur de poètes sur les presses de l’imprimerie Grafoprint. Il est vendu au prix de 29 Euros.

Pour plus d’informations sur les œuvres d’Anthony Phelps et d’Iris Geneviève Lahens, contactez les Éditions

Bruno Doucey : www.editions-brunodoucey.com

——————————————————————————-

Peinture, musique et cinéma

——————————————————————————-

Amos Coulange et Kécita Clénard

Lors de nos différentes prestations, vous avez été nombreux à nous réclamer un cd. Nous pensons qu’il est temps d’agir et de vous offrir ces titres que vous enrichissiez. Le duo Métiskacao vous proposera sur cet album un hommage aux acteurs qui ont créé ce brassage d’influence multiples sur le bout d’île d’Haïti, avec des compositions d’Amos Coulanges et de Kécita Clénard ainsi que des arrangements de musiques populaires et traditionnelles d’Haïti.

Suite à tous ces merveilleux moments partagés, il est grand temps que vous puissiez repartir avec un album.

Souhaitons que dès janvier 2018 ce soit possible.

——————————————————————————-

Le jeune Karl Marx

Raoul Peck, l’Haïtien, évoque ce qui l’a amené à réaliser Le Jeune Karl Marx : « Une inquiétude par rapport à ce que je ressentais du “Zeitgeist” ambiant, en cette période de “fin de l’Histoire” et de “fin des idéologies”. Une époque qui se manifeste également par une suspicion de toute science ou de philosophie et un rejet de tout ce qui est politique. Ce qui a existé jusque-là est censé être dépassé et on semble vouloir créer du nouveau à partir de rien ».

Karl Marx est né à Trier (Tréves) le 5 mai1818 et mort à Londres le 14 mars 1883. Faut-il rappeler que cette ville, Trier, se situe dans la Rhénanie-Palatinat. Elle fut Chef-lieu du département français de la Sarre de 1798 à 1814).

Elle fut incorporée à la Prusse, puis réoccupée par la France de 1918 à 1930. Nous nous approchons des 200 ans de naissance de Karl Marx. Le film de Raoul Peck, est-il inspiré par le centenaire de la Révolution d’octobre de 1917 ? Ce film : « Le jeune Karl Marx » est à voir et à revoir.

——————————————————————————-

Télémaque l’affranchi, Film de François Lévy-Kuentz; Documentaire


Le 14 novmbre 2017, à 19h30, a été projeté dans la salle de Cinéma du Centre Pompidou, le film : Télémaque l’affranchi. Ce film-documentaire du Centre Pompidou en collaboration avec France Télévisions diffusé par « ARCHIPELS » a nourri l’ambition de faire découvrir l’univers d’Hervé Télémaque par un large public. Hervé l’Affranchi, comme il se plaît à le souligner, est un artiste français d’origine haïtienne. Il jouit d’une notoriété internationale certaine tout en demeurant lui-même et en soulignant bien à propos son arrière-arrière-grand-père descendant d’esclave. TELEMAQUE L’AFFRANCHI retrace son parcours, ses exils, sa vie et ses œuvres. C’est également un voyage initiatique, philosophique, un questionnement sur lui-même comme peintre dans une France en mouvement et imprévisible. Haïti et son histoire, les Caraïbes et leur avenir sont des préoccupations constantes de l’Affranchi cultivé.

——————————————————————————-

————————————————————————-

Vie Associative

————————————————————————-

Invitation Commémoration 12 janvier

Les associations APESE-Haïti, POUR HAÏTI et Radio KOLANBI, vous invitent à la 8ème commémoration du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a fait plus 300 000 victimes en Haïti.

« Pour que les vivants se souviennent et que les morts ne soient pas oubliés »

Le Nouvelliste d’Haïti

Vendredi 12 janvier 2018, de 18h à 20h au siège de l’association APESE Haïti : 10 Place Troisdorf à Evry

Au programme

18 h 30 :  Projection du film « Haïti de la Perle des Antilles à la catastrophe humanitaire »,

Jean-Christophe Victor (Durée : 12 minutes)

19 h 00 : Projection du film documentaire « Chronique d’une catastrophe annoncée »,

Arnold Antonin (Durée : 18 minutes)

Echanges avec le public autour d’un verre de l’amitié.

APESE-Haïti

Représentée par Laure STOUDER

Mail : contact@apesehaiti.com

POUR HAITI

Représentée par Paul Baron

Mail : plbaron918@gmail.com

KOLANBI

Représentée par David Charles

Mail : konlanbihaiti@gmail.com

Soyons tous solidaires avec le peuple haïtien

Attention ! En raison du plan Vigipirate, la rencontre aura lieu au siège d’APESE. Veuillez-nous en excuser par avance pour ce changement de programme.

——————————————————————————-

Festival des Poètes pour la Paix 2017

Pour la cinquième fois, le 27 octobre 2017, a eu lieu, à la Maison de l’Amérique Latine, le festival des Poètes pour la Paix. C’est grâce au dévouement et à la détermination de Mme Mona GAMAL EL DINE, présidente de l’association ISIS ART et CULTURE que les rencontres des poètes pour la Paix ont vu le jour. « En ces temps troublés, écrit le Pr. H.D. Talleyrand, présentateur de la soirée, le festival « Poètes pour la Paix » sert une noble cause. Celle de la paix, capital précieux dont dispose l’homme pour son développement. « Chaque atome de silence est la chance d’un fruit mûr ».

Cette soirée du 27 octobre 2017, à la Maison de l’Amérique Latine, a été une réussite. On dirait que les Poètes pour la Paix étaient légion et qu’ils venaient des quatre coins de l’univers. Et le Pr. Talleyrand de conclure : « Il semble essentiel de prendre dans notre histoire, de tirer des leçons de notre passé afin de construire une paix juste et durable ; ce qui ne pourra se faire non pas à partir d’une molle pitié mais d’une saine confrontation, celle qui se définit comme « front contre front, intelligence à intelligence et non force contre force », (Albert Jacquard).

——————————————————————————-

La peinture au service de la solidarité

Le Rotary Club-PARIS CHAMPS-ELYSEES, en partenariat avec la Galerie « 24 Beaubourg » Paris, a organisé une vente aux enchères à but caritatif d’Œuvres d’Art au profit de l’association « Sos enfants du monde » en Haïti. Le but de cette vente est l’« Amélioration des repas des élèves » du  « Centre Saint Jean Bosco » à Jérémie en Haïti.

Cette vente exceptionnelle a été organisée à l’occasion de l’exposition à Paris de l’artiste peintre IRIS Geneviève Lahens, principale donatrice. A l’appel de solidarité aux enfants d’Haïti, douze autres artistes, membres du Rotary Club, ont fait des dons en nature : un objet ou une œuvre d’art.

Les généreuses et généreux donateurs sont : Aurélie Dubois ; Barbara Navi ; Béatrice Casadesus ; Bruno de Panafieu; David Mishkin ; Ece Clarke ; Fabienne Benveniste ; Francesca ; Iris Geneviève Lahens ; Jean Gaudaire Thore ; Nicolai Makarov; Thierry Lalande Theel; Bruno de Mones.

Les œuvres et objets mis en vente ont été exposés le 21 novembre 2017 à partir de 12 h et la vente a eu lieu le même jour de 19h à 20h30 avec succès. Concrètement, les enfants de Jérémie verront une amélioration des repas qui leur seront servis.


IRIS Geneviève LAHENS et Thierry Lalande THEEL

L’artiste peintre, Iris G. Lahens, de renommée internationale, a assumé très vite son rôle de représentante de la peinture haïtienne. Nous avions appris avec bonheur l’exposition qui lui a été consacrée par la galérie « 24beaubourg » du 15 au 25 novembre 2017 de 11 h à 18h sous le thème « Trans-réfractions des Âmes Métisses ». IRIS nous a prouvé qu’elle est en recherche permanente et fait de l’expérimentation son cheval de bataille quotidien. Sa rencontre avec le maître verrier Théel lui a permis d’intégrer le vitrail dans sa peinture.

Son livre atypique avec Anthony Phelps indique que la peinture et la poésie se donnent la main librement.

IRIS Geneviève Lahens fait montre d’une capacité incroyable à synthétiser des éléments du passé avec les plus modernes.

Elle s’inscrit, en définitive, dans la mouvance la plus prometteuse de la peinture haïtienne

——————————————————————————-

Haïti Futur et la Maison d’Haïti

Haïti-Futur en action

Chaque année depuis sa création (1994) Haïti-Futur organise une exposition-vente afin de promouvoir l’art et l’artisanat haïtien. L’exposition qui existe depuis 21 ans s’est renforcée, il y a 4 ans, d’un salon du livre, qui présente et témoigne de la richesse littéraire d’Haïti. Pendant deux jours, les 2 et 3 décembre 2017, au Foyer de Greenelle- 17 rue de l’Avre (Paris 15ème), l’attention des fidèles ami(e)s de l’association était portée sur la thématique « Haïti au-delà des frontières ». L’accent a été mis sur des ouvrages publiés par des auteurs étrangers sur Haïti et des auteurs haïtiens qui parlent d’Haïti et d’autres pays.

Haïti-Futur, pour la 4ème édition du Salon du Livre Haïtien a donné carte blanche aux Éditions Zellige qui ont organisé une rencontre littéraire exceptionnelle animée par Roger Tavernier avec des auteurs de prestige : Maggy Biais (Rose-Mercie – Zellige), Hélène Tirole et Jean-Robert Léonidas (Retour à Gygès).

Roger Tavernier a présenté en exclusivité la réédition très attendue du roman posthume de Marie Vieux-Chauvet « Les rapaces », implacable réquisitoire contre le régime des Duvalier qui faisait régner la terreur en Haïti pendant 30 ans environ. L’invité d’honneur de cette 4ème édition du Salon était Louis-Philippe Dalembert que l’on ne présente plus.

Toutes nos félicitations à Haïti-Futur, sa présidente, Mme Josette Brufffaërts-Thomas et son équipe de bénévoles.


La Maison d’Haïti, Association loi 1901

Nous sommes nombreux à partager en France et surtout dans la Région Parisiennes les principaux objectifs de cette association à savoir : Faciliter l’intégration des Haïtiens dans la société française ; Promouvoir la culture haïtienne ; Développer la solidarité franco-haïtienne. Cette association existe depuis 1998. Elle est donc dans sa 19ème année. Pour promouvoir, par exemple, la culture haïtienne, elle organise mensuellement un dîner-débat autour d’artistes peintres, d’écrivains, d’acteurs de théâtre ou de cinéma, d’historiens, d’économistes, de politiques ou de médecins de passage à Paris ou vivant en France. En dépit des difficultés passagères, cette association que préside Mme Elodie-Anne Télémaque, avocate, continue de tenir ses rendez-vous mensuels tantôt dans les locaux du Consulat Général d’Haïti ou en d’autres lieux.

Le 8 novembre 2017, l’Alliance française Paris, (101 Boulevard Raspail, 75006 Paris) et la Maison d’Haïti avaient invité leurs ami(e)s à rencontrer l’écrivaine Mme Maggy Belin Biais pour son roman : Rose-Mercie (Editions Zellige) qui venait d’être publié.

Tout était orchestré de la façon suivante : La discussion était assurée par Jacques Léon-Emile, président de l’association Haïti, Mémoire et Culture ; la lecture d’extraits du roman par Mme Elodie-Anne, présidente de l’Association Maison d’Haïti et l’animation musicale par Fritzner Casséus et René Pierre.

Ce fut une rencontre réussie. L’écrivaine a répondu aux questions de l’animateur et du public avec brio. L’animation musicale était exceptionnelle. Quant aux extraits lus, ils invitaient le public à découvrir ce roman dans le plus bref délai. Tous les exemplaires du roman proposés par l’ éditeur ont été vendus au cours de cette soirée suivie d’un cocktail gracieusement offert par les organisateurs.

Longue vie à l’association Maison d’Haïti et félicitations à l’écrivaine Magguy Belin Biais.

————————————————————————-

————————————————————————-

Corinne ou l’Excellence made in Haiti !

En novembre dernier, Madame Figaro magazine consacrait une pleine page au « Retour des filles prodiges ». Ces jeunes femmes, d’origine africaine, « bardées de diplômes » qui décident un jour de retourner dans leur pays d’origine ou le pays d’origine de leurs parents.

Volonté de surfer sur la vague de croissance ! Donner du sens à sa vie ! Contribuer au développement économique ! Rendre ce qu’elles ont reçu ! Ne plus faire partie d’une minorité ! S’entrecroisent et les poussent à l’audace !

Corinne Joachim Sanon Syemetz pourrait entrer dans cette catégorie. Ingénieure et diplômée d’une des plus grandes écoles américaines en Business Administration, elle décide de prendre le chemin du retour avec toutefois deux particularités :

1.   Elle vient d’Haïti, une excroissance de la mère-patrie, Afrique, ne disposant ni d’un environnement favorable des affaires, ni de perspectives de croissance florissantes. Le « Haïtian’ optimism » n’est pas encore à l’ère du temps !

2.   Elle ne veut faire aucune concession. Le retour oui, mais pas au détriment d’une vie de couple. Alors avec son mari, ils décident de donner naissance aux Chocolateries Askanya, entre mythologie et rêves de conquête.

Ses motivations sont claires. Elle veut créer des emplois « pour ne plus avoir à donner ». Les hommes et les femmes ne demandent pas la charité ni à être maintenus dans l’assistanat. Ils cherchent un travail décent, un moyen de subvenir aux besoins de leur famille voire un peu de reconnaissance.

Elle veut aussi créer de la valeur en transformant une « denrée locale dont les Haïtiens pourraient être fiers ». Ce produit, elle le trouve dans le cacao.

Son objectif, L’excellence ! Elle s’y attèle tant et si bien que deux ans à peine après son lancement, son cacao entre au top 50 des cacaos du monde et est primé par « L’international Cocoa Awards » le 29 octobre 2017, au Salon du Chocolat à Paris.

Comment s’y est-elle prise ? Aucun miracle !

Définition d’un axe stratégique claire, travail, planification, excellence dans l’exécution. Rien n’est laissé au hasard :

−      Excellente connaissance du marché, des concurrents et de leur proposition de valeur

−      Positionnement clair sur le premium où les concurrents sont absents. Elle évite ainsi toute concurrence frontale avec les acteurs traditionnels qui pourraient lui mettre les bâtons dans les roues

−      Rémunération équitable des producteurs locaux ! Pour obtenir un produit de qualité, inciter les producteurs à travailler avec vous, leur imposer des conditions strictes, il faut payer le bon prix. « J’achète mon cacao 70 centimes contre 30 centimes pour les autres, nous dit-elle.»

−      Recours à des experts en chocolat venus d’Europe et d’Amérique pour former les salariés, trouver les bonnes saveurs, construire l’outil de production

−      Appel à des spécialistes en recrutement pour trouver les bons profils et les fidéliser par la qualité de l’environnement au travail et une rémunération avantageuse. Et cette stratégie est payante puisqu’elle lui permet, nous confie-t-elle, de déléguer la gestion quotidienne de l’usine et de retrouver son mari 50% du temps à New York où elle s’occupe de la promotion, de la distribution de la gestion de l’emballage … tout ce qui peut être fait à distance.

−      Intégration verticale de la chaine de valeur, de la fève à la tablette, pour garantir la qualité du produit fini

Et pourtant, l’environnement haïtien n’est pas le plus propice aux initiatives entrepreneuriales ! Absence d’infrastructure ! Instabilité politique ! Difficulté d’accès aux capitaux … génèrent des suppléments de coûts (groupe électrogène, appareil productif sous-utilisé, …) auxquels la jeune entreprise doit faire face.

A ce stade, une interrogation demeure : Quelle est l’ambition du couple pour Askanya ? Rester une petite entreprise de niche ou en faire le leader du chocolat premium des Caraïbes ?

L’avenir nous le dira mais, en attendant, espérons que son exemple pourra susciter des vocations auprès de nos jeunes talents à qui je dirai ceci : Vous avez une idée qui répond à un besoin client ? Vous êtes motivé ? Vous êtes un bosseur ? Vous aimez les challenges ? Vous jalousez votre autonomie ?  Alors, qu’attendez-vous ?  N’hésitez plus, foncez ! Mais, une chose, entourez-vous de professionnels compétents, experts, spécialistes, conseillers qui sauront vous guider et vous accompagner dans cette belle aventure !

Roseline Dieudonné – Global Business Development Manager (KPMG France)

Sincères remerciements à Corinne qui à l’occasion de son passage à Paris est venue partager avec nous son expérience d’entrepreneur en Haïti à la conférence co-organisée par la Maison d’Haïti et le Consulat Général d’Haïti en France le 28 octobre 2017.